Hommage et transmission : le Fonds Yves Bonnefoy, unique au monde, de la Bibliothèque de Tours

L’Incroyable Yves Bonnefoy.

 

Yves Bonnefoy (1923 – 2016)

Sans bling bling, sans chichis, il aura construit une dimension nouvelle littéraire à lui seul. Monstre poétique traduit dans une quarantaine de langues, primé à en perdre la tête, adulé par les gloires de plusieurs générations et pourtant…

Différent Yves Bonnefoy.

Ne comptait pour lui que la poésie, celle, oubliée ou sous estimée du quotidien, celle qui transforme l’être.

Yves Bonnefoy.

Le connaissiez-vous ? L’aviez vous oublié ?
Il ne vous en aurait nullement tenu rigueur.

« Bien sûr que l’on m’oubliera ! Quelle œuvre n’a pas été oubliée ? Et quand on se souvient de certains poèmes, que reste-t-il en eux des personnes qui en ont été les auteurs, au bout d’un certain temps en tout cas ? Nous savons encore Keats ou Baudelaire mais déjà plus Shakespeare ni Dante. Et si nous lisons encore Shakespeare ou Dante, combien d’entre nous lisent Virgile, et comment, sinon à coup de malentendus, nous approchons-nous encore des poèmes homériques ou de ces inconnus, Eschyle, Sophocle ? C’est à la poésie de ne pas être oubliée. Il en va de la survie de la société. » (Extrait de l’interview Tours Magazine avril 2005)

 

De cette simple et implacable réalité, Bonnefoy aura préservé ce qu’il y a peut-être de plus précieux, non pas ce qu’on croit être la fin en soi, non pas la contemplation et l’ivresse d’une renommée, non. Il aura choisi avant de partir de transmettre le code de son essence. Ses recherches intimes « wikipédiesques » et le fil d’Ariane d’une vie : sa bibliothèque.

 

Et quelle bibliothèque !

 

Aperçus – Fonds Yves Bonnefoy

Ouvrages collectés, œuvres affectionnées, manuscrits, tapuscrits, correspondances littéraires, c’est tout ce qui l’a construit, tout ce qui l’a forgé, que Yves Bonnefoy a confié à la bibliothèque municipale de Tours, la ville qui l’a vu naître.
L’humilité absolue est de laisser à celui que le destin conduira entre ces étagères, de comprendre et de continuer le chemin de la Poésie. Mystérieuse. Magistrale. Inspiration Poétique. Elle est reine et fait ce qu’elle veut.
Jusqu’à habiter au cœur d’une ville de province.
Jusqu’à s’immiscer dans nos rêves les plus intimes.
Celui de Yves Bonnefoy était que nous partagions l’exaltation de cet art poétique qui transcende le temps. Qui redéfinit l’espace. Qui surpasse tout. Y compris le poète lui-même.

 

« Lieu ami » c’est ainsi qu’il dénomma la bibliothèque centrale de Tours en France. Pendant des années et jusqu’à la fin de sa vie, il coopéra avec les différents conservateurs pour offrir, donner, et donner encore. Sans compter. Avec soin et délicatesse. Chaque mot, chaque page pour des milliers d’ouvrages de tant d’auteurs (de tous formats, livresques, audio-visuels, de toutes langues. Pièces, collections de vies). Jeu de pistes et lien pour tous. Une année ne suffirait pas à tout parcourir. C’est la quête d’une vie librement donnée pour l’Art. C’est l’essence vitale transmise. D’un cœur à un autre cœur. Quel qu’il soit. Pourvu qu’il l’aime :
Poésie. Poésie. Poésie.
« Il en va de la survie de la société. »

Merci, oh merci Monsieur Bonnefoy.

 

Christina Goh
Initiatrice de La Différence – Poésie 2021 – 4eme édition

 

Le 10 décembre 2021, l’annonce des lauréats du concours international de poésie « La Différence – Poésie » s’effectuera à l’auditorium de la Bibliothèque de Tours, connue pour le Fonds Yves Bonnefoy à 19H.
Le concours est gratuit et solidaire, le jury international. Amour pour la poésie et pur challenge. Pendant six mois, des poètes du monde entier, prestigieux ou inconnus auront écrit en vers libres leur « ressenti » sur la thématique de la différence. Merci à la Bibliothèque et à la Ville de Tours de permettre la déclamation des poèmes lauréats dans l’auditorium de ce lieu symbolique. Inscription au récital gratuite, sur inscription.

 

Extrait L’heure présente

J’ai ramassé le fruit, j’ouvre l’amande.
Dans la parole
La dérive rapide de la nuée.

Illusion,
L’âtre qui brûlait clair le soir, te souviens-tu,
Dans la maison que nous avons aimée.
Ce petit bois,
Ces boules de papier froissé, ce pique-feu,
Cette flamme soudaine, presque un éclair,
Un rêve, comme nous ?

Yves Bonnefoy

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