Pourquoi la reine Pokou ? Et 4 autres « pourquoi ? » à Christina Goh

Un titre inédit offert en téléchargement libre à partir du 6 septembre : AURA (Queen Pokou song) de la vocaliste Christina Goh en featuring avec la guitariste bostonnienne Catherine Capozzi dans le cadre des activités annexes de « La Différence – Abidjan 2018 ».


HFO : Pourquoi la reine Pokou ?

Christina Goh : Pour moi, elle fait partie des personnages charismatiques universels. Quand la légende est abordée au plan symbolique, Pokou représente une souveraine qui sert le peuple pour le meilleur, même si cela inclut que cela se fasse à ses dépens.

 

1. Pourquoi illustrer une histoire aussi paradoxale ?

La légende est forte et troublante comme toute allégorie mais la reine Pokou, c’est d’abord une figure historique. Au 18ème siècle, Pokou, nièce d’Osei Tutu, a vraiment existé.  Elle quitte le royaume Ashanti après la guerre de succession entre son propre frère Dakon, neveu du roi défunt et le frère de ce dernier Opoku Ware. Après la mort de son frère, quand elle arrive sur un territoire qui va devenir la Côte d’Ivoire, selon bien des sources, elle est déjà d’âge mûr (loin d’être une jeune femme avec un bébé) et son règne en terre ivoirienne est court (pas plus de cinq ans). Son génie consiste à mettre en place une série d’alliances avec les tribus trouvées sur place, une culture pacifique remarquable qui prendra fin dès qu’elle décède. Ici, nous rendons hommage en poésie à la dame de paix en nous appuyant sur le symbolisme des images de la légende.

 

Logo La difference

2. Pourquoi dans le cadre de « La Différence » ?

La reine Pokou est un symbole de différence : héritière d’une société basée sur la conquête et l’esclavage, elle choisit une autre voie et privilégie l’alliance et la négociation entre tribus pour un équilibre. Arrivée sur un nouveau territoire, elle aurait pu entrer en conflits avec les habitants ou commettre des razzias et construire un empire. Elle en avait les moyens et les schémas. Mais elle privilégie la paix et l’humilité. C’est une autre perception.

 

 

Goh et Capozzi sur le site de l'université F.H.B. Côte d'Ivoire en 2017. Photo Anzara D.
Goh et Capozzi sur le site de l’université F.H.B. Côte d’Ivoire en 2017.

 

3. Pourquoi une collaboration avec la  guitariste américaine Catherine Capozzi ?

Catherine Capobring us your womenzzi, depuis trois ans, illustre avec ses collaborateurs les figures antiques féminines du monde entier avec une fusion des arts (musique, art graphique, danse, poésie, cinéma et art visuel) pour son anthologie « Bring Us Your Women ».
J’avais déjà exploré les parcours de la reine de Saba et de Ishtar pour des adaptations de l’anglais au français. J’ai également effectué des recherches sur Hypathie d’Alexandrie et Leizu, épouse de l’empereur jaune de Chine pour des oeuvres en musique et poésie. Catherine a eu un coup de cœur pour la reine Pokou qui vient rejoindre ces figures remarquables de « Bring Us Your Women » qui ont influencé notre histoire universelle…

 

4. Pourquoi ne pas ajouter quelques mots ?

Un grand merci à tous ces chercheurs qui ont permis la mise à disposition de leurs documents au grand public via les bibliothèques ou le Net : Delafosse, Dr Henriette Diabaté sur le royaume Sanwi, Kouamé René Allou… Merci à ces experts en sciences humaines, aux universités, musées, et auteurs d’encyclopédies en général qui nous permettent d’en savoir plus !

 

AURA (Queen Pokou song) – Christina Goh & Catherine Capozzi
Poésie, civilisations et musique – Titre en téléchargement gratuit à partir du 6 septembre 2018 dans le cadre des activités annexes du concours poétique international « La Différence –Abidjan 2018 ».

 

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